Haltérophilie. Annuaire 1982
La première apparition olympique des haltérophiles soviétiques : Helsinki 1952
Résumé français de Tyazhelaya Atletika. Ezhegodnik 1982 (Moscou : Fizkultura i Sport, 1982), p. 4–7 : le texte est une paraphrase, non une traduction ; les illustrations sont les images originales.
Contexte
- Les haltérophiles soviétiques ont remporté l'épreuve par équipe à six de leurs huit Jeux olympiques. L'auteur, qui n'a remporté aucun titre à Helsinki, considère cette première victoire comme la plus mémorable.
- La décision de participer n'a été prise qu'en 1951 ; personne n'avait d'expérience olympique, et les pénuries d'après-guerre affectaient encore la vie quotidienne.
- Les États-Unis, alors à leur apogée, avaient battu les haltérophiles soviétiques en 1946 et 1950.
- Le lourd Iakov Koutsenko a porté le drapeau lors de la cérémonie d'ouverture sous la pluie. L'haltérophilie se déroulait dans la salle Messuhalli-2.

Les catégories légères
- Coq : Ivan Oudodov a remporté le premier titre soviétique. Déporté de Rostov pour le travail forcé en Allemagne, il pesait 29 kg à la libération. Il a ensuite remporté des titres mondiaux et européens et établi de nombreux records ; il est mort en 1981.
- Plume : Rafael Tchimichkian or, Nikolai Saksonov argent.
- Léger : Tommy Kono a remporté le premier titre américain ; Evgueni Lopatine argent.
- Mi-moyen : aucun engagé soviétique ; Peter George a remporté le titre américain, réduisant l'avance soviétique.

Poids moyens : le concours de l'auteur lui-même
Vorobiov et Trofim Lomakine étaient engagés. La pesée a été avancée sans préavis de 1 h de l'après-midi à 10 h du matin. Tous deux pesaient 81.8 kg ; l'Américain Stanley Stanczyk était plus lourd.
Développé
- Vorobiov a ouvert à 120 kg ; l'arbitre a retenu le signal de départ environ cinq secondes et il l'a terminé de justesse.
- Une protestation du second Américain, K. Emrich, a retardé le deuxième essai de Vorobiov de près d'une heure. Il y a vu une guerre psychologique menée par les entraîneurs américains Bob Hoffman et John Terpak ; 125 kg lui ont alors semblé peser 150.
- À son troisième essai à 125 kg, le signal a de nouveau été retardé ; il l'a développé, a perdu connaissance et est tombé, la barre toujours en main.
- Lomakine a réussi 125 kg, en dessous de ses 130 habituels. Le 127.5 kg non strict de Stanczyk, validé 2–1, a été annulé après une protestation soviétique de 40 minutes ; il l'a redéveloppé, toujours non strict, et le lever a compté. Lomakine accusait alors 2.5 kg de retard, Vorobiov 7.5 kg.
Arraché
Tous trois ont réussi 127.5 kg. Pour Vorobiov, détenteur du record du monde à l'arraché et qui espérait 135, ce fut un coup dur ; Lomakine comptait sur son jeté puissant.

Épaulé-jeté
- Tous ont réussi 160 kg. Lomakine et Stanczyk ont manqué 165 kg ; Lomakine l'a ensuite réussi.
- Vorobiov a passé 165 : seul 170 kg, 1 kg de plus que le record du monde, pouvait le faire gagner. Son premier essai n'a pas dépassé les genoux.
- Il a ensuite épaulé-jeté 170 kg, mais le signal de « baisser » a été retardé jusqu'à la chute de la barre. Un juge l'a validé, deux l'ont refusé ; la protestation a été rejetée. Le juge français Jean Dame a refusé de continuer à arbitrer ; Carling (Grande-Bretagne), Hokkonen (Finlande) et d'autres membres du jury ont suivi.
- On lui a refusé un autre essai, bien qu'un lever ne dépassant pas les genoux ne devrait pas compter ; une nouvelle protestation de 40 minutes a échoué.
- Résultat : Lomakine 1er, Stanczyk 2e, Vorobiov 3e.
L'auteur conclut que les arbitres pouvaient faire pencher jusqu'aux médailles olympiques, et que l'URSS n'avait de membres ni dans les fédérations internationales ni dans les jurys d'arbitrage.
Catégories lourdes et résultat final
- Les États-Unis ne pouvaient plus rattraper l'équipe soviétique, même si Norbert Schemansky, John Davis et Jim Bradford ont remporté deux titres et une médaille d'argent.
- Mi-lourd : Grigori Novak menait au développé avec 140 kg, mais Schemansky l'a dépassé et a gagné.
- Lourd : aucun engagé soviétique ; les Américains premier et deuxième.
- Total soviétique : 3 or, 3 argent, 1 bronze ; 40 points au classement officieux par équipe, 2 devant les États-Unis.
La note sur le décès d'Oudodov orthographie son nom « Udalov », une coquille.