Travail éducatif
Les relations au sein d’une équipe d’haltérophilie et le travail éducatif qui y est mené
Résumé français de Tyazhelaya Atletika. Ezhegodnik 1982 (Moscou : Fizkultura i Sport, 1982), p. 11–15 : le texte est une paraphrase, non une traduction ; les tableaux de données sont repris intégralement avec des intitulés français.
But et sujets
Les décisions du Parti de 1979–1981 appellent à un travail éducatif individualisé et vivant, ce qui exige des entraîneurs qu’ils connaissent leurs athlètes. Les auteurs ont étudié l’équipe junior d’URSS lors d’un stage de préparation à la compétition.
- Équipe : âges de 17 à 20 ans, tous au moins Maîtres des sports ; 5 républiques, 18 villes, 6 nationalités.
- Instruction : 30 % d’enseignement supérieur inachevé, 17.5 % de secondaire spécialisé inachevé, 52 % de secondaire ; 95.7 % membres du Komsomol.
- Méthodes : sociométrie ; une échelle d’acceptabilité (d’après N. V. Bakhareva, 1970) ; l’échelle entraîneur–athlète TS-1.
Sociométrie
Les athlètes ont désigné, par choix classés, un capitaine d’équipe (« direction », relation de travail) et selon quatre critères affectifs : ami, camarade de chambre, partenaire de travail, compagnon de loisirs.
Tableau 1. Différenciation du groupe dans l’équipe (nombre de choix reçus)
| N° | Athlète | Critères | Statut sociométrique global | ||||
| Direction | Camaraderie | Vie quotidienne | Travail | Loisirs | |||
| 1 | K-y | 0 | 1 | 4 | 1 | 2 | 8 |
| 2 | M-n | 0 | 3 | 2 | 1 | 1 | 7 |
| 3 | S-n | 0 | 3 | 3 | 5 | 3 | 14 |
| 4 | E-n | 0 | 1 | 3 | 2 | 1 | 7 |
| 5 | P-n | 0 | 4 | 5 | 2 | 3 | 14 |
| 6 | M-v | 1 | 3 | 4 | 2 | 4 | 14 |
| 7 | G-v | 0 | 3 | 7 | 5 | 3 | 18 |
| 8 | K-v | 1 | 4 | 7 | 5 | 9 | 26 |
| 9 | Ch-v | 1 | 2 | 1 | 1 | 1 | 6 |
| 10 | P-y | 5 | 5 | 3 | 5 | 6 | 25* |
| 11 | B-v | 10 | 11 | 4 | 5 | 6 | 35* |
| 12 | B-n | 0 | 0 | 1 | 1 | 1 | 3 |
| 13 | N-n | 0 | 0 | 0 | 3 | 1 | 4 |
| 14 | P-o | 0 | 5 | 2 | 2 | 3 | 12 |
| 15 | Ya-v | 20 | 9 | 6 | 5 | 5 | 45 |
| 16 | A-v | 0 | 0 | 0 | 3 | 1* | 4 |
| 17 | K-n | 1 | 2 | 2 | 2 | 2 | 9 |
| 18 | A-n | 0 | 3 | 2 | 4 | 3 | 12 |
| 19 | B-y | 1 | 3 | 2 | 2 | 1 | 9 |
| 20 | G-y | 8 | 2 | 5 | 4 | 1 | 20 |
| 21 | K-r | 0 | 1 | 1 | 3 | 1 | 6 |
| 22 | K-g | 19 | 4 | 4 | 4 | 7 | 38 |
| 23 | M-t | 2 | 0 | 0 | 1 | 2 | 6* |
Les athlètes sont identifiés par des patronymes abrégés. * La cellule « loisirs » du n° 16 est imprimée « ] », erreur de numérisation ; 1 correspond au total. Les totaux imprimés ne correspondent pas à la somme des lignes pour les n° 10 (24), 11 (36) et 23 (5) ; valeurs conservées telles qu’imprimées.
- Direction : 4 leaders (6 choix ou plus : n° 11, 15, 20, 22), tous organisateurs expérimentés, performants et disciplinés ; 1 « préféré » (3–5 ; n° 10), 6 « non acceptés » (1–2), 12 « isolés ». Les athlètes sont exigeants envers leurs capitaines, et les entraîneurs devraient utiliser ces évaluations pour en choisir un.
- Camaraderie : les n° 11 et 15 en tête ; 11 préférés, 6 non acceptés, 4 isolés ; réciprocité 40.6 %.
- Vie quotidienne, travail, loisirs : choix plus homogènes ; peu d’isolés pour la vie quotidienne, aucun pour le travail ou les loisirs ; réciprocité 49.3, 37.7 et 52.2 %.
- La plupart des athlètes peuvent donc prendre part aux activités de groupe, et les relations d’ensemble sont bonnes.
Échelle d’acceptabilité
Deux situations furent simulées : la sélection de l’équipe nationale (choix selon les qualités sportives) et la constitution d’un groupe pour une randonnée difficile (choix selon le caractère). Indices : acceptation d’autrui et de l’équipe par chaque membre (Ap), de chaque membre par l’équipe (Agr), cohésion (U), dynamique sociale (E), coefficient de variation (C).
Tableau 2. Indices d’acceptabilité interpersonnelle
| Indice | Sélection de l’équipe | Randonnée |
| U | 0.48 | 0.57 |
| E | 0.77 | 0.85 |
| Ap | ||
| 1) | 0.35 – 0.5 (11) | 0.2 – 0.55 (12) |
| 2) | 0.52 – 0.65 (12) | 0.6 – 0.85 (11) |
| Agr | ||
| 1) | −0.25 – 0.22 (6) | −0.07 – 0.4 (6) |
| 2) | 0.32 – 0.65 (7) | 0.5 – 0.65 (10) |
| 3) | 0.67 – 0.97 (10) | 0.7 – 0.95 (7) |
| C, % | 18.6 | 41 |
Étendues des coefficients sur une échelle de −1 à +1 ; nombre d’athlètes de chaque tranche entre parenthèses.
- Ap : modeste pour la sélection (0.35–0.65), pourtant assez élevé compte tenu de la concurrence pour les places. Plus élevé et plus étendu pour la randonnée (0.2–0.85), les athlètes se connaissant mieux sur le plan du caractère grâce aux stages répétés.
- Agr : large dispersion (−0.25 à 0.97 ; −0.07 à 0.95) ; 10 et 17 athlètes dans les tranches les plus hautes : jugement mutuel sévère.
- U, E, C : cohésion assez élevée ; E au-dessus de la norme de 0.7 ; C sous 50 %, donc pas de tension.
- Les relations étaient mieux notées quand le choix reposait sur les qualités morales plutôt que sur les qualités sportives.
Relations entraîneur–athlète
- Sur une échelle à 8 points : compétence 7.3, qualités personnelles 6.43, communication 6.22.
- 87 % ont noté leurs entraîneurs très favorablement comme spécialistes (8–7 points), 82.5 % comme personnes (imprimé « 8 et 6 points »), ce qui montre une autorité élevée et une sélection soigneuse des entraîneurs.
Travail éducatif au stage
- Un plan préalablement approuvé couvrait l’éducation idéologique, morale et par le travail.
- Le jour 2, une assemblée générale élit le groupe dirigeant conformément à la sociométrie : le n° 22, leader le plus net, chef d’équipe ; le n° 15, organisateur culturel ; les n° 14, 17, 23, comité du journal mural ; le n° 10, organisateur du Komsomol, principal assistant des entraîneurs.
- Un régime quotidien commun était contrôlé par un athlète et un entraîneur de service ; l’hygiène et la tenue soignée du matériel étaient soulignées.
- Quatre exposés politiques (12 athlètes ont fait un compte rendu), une conférence sur l’actualité internationale, un journal mural pour la Journée de l’Armée et de la Marine.
- Rencontres avec de jeunes ouvriers de l’usine Sergo Ordjonikidze (avec visite de son musée) et avec des militaires ; visites de l’Exposition des réalisations économiques et du Musée des Forces armées ; films ; deux journées de travail bénévole sur un chantier olympique.
Recommandations
Le succès est venu de l’utilisation, par les entraîneurs, des données sur les relations. Les auteurs recommandent :
- un entraînement bien organisé ;
- la continuité de la planification éducative entre les compétitions ;
- des activités communes aux entraîneurs et aux athlètes ;
- des exigences cohérentes de la part de tous les entraîneurs ;
- des tâches d’équipe confiées aux athlètes ;
- encourager l’autoformation et l’autocritique ;
- des loisirs et un repos bien organisés.